Les récits des huit Officiers du Grand Large, dont le Commandant Raymond GAUVAIN fait partie, ont été publiés dans un ouvrage chez Balland.

Ces quelques récits ont pour intention de mettre en lumière le métier de marin au sein de la Marine Nationale, fort méconnu du public depuis Pierre Loti, Claude Farrère ou Paul CHACK.

Ces comptes rendus d’officiers sur les opérations qu’ils ont pu mener s’étendent sur une période allant de 1980 à 2010, typiques d’une époque entre la fin de la guerre froide et la réapparition de la piraterie vers l’équateur, illustrant un monde redevenu multipolaire. Or les marins sont bien souvent pré-positionnés dans ces zones de « discontinuité » géopolitique, veillant à l’évolution de la tectonique des plaques planétaire, là où s’affrontent des conceptions différentes sur le commerce, le droit, la diplomatie, voire la guerre, bref sur la vie.

Les événements sont réels et ont souvent été évoqués dans les médias, mais en général de façon brève, un vendredi soir dans une dépêche AFP vite oubliée, la scène se déroulant la plupart du temps au bout du monde et ne concernant en apparence que quelques marins et de rares civils… Encore qu’une actualité brûlante vient de renouveler, avec 20 ans d’écart, l’évacuation de nos ressortissants du Yémen (chapitre VII) : sempiternelle Arabie heureuse, placée à la porte de l’Orient et au régime pas toujours stable ! Comme le disait souvent Churchill : « les faits sont têtus ! », et les marins bien positionnés pour le constater in situ.

Ces récits appartiennent – modestement – à l’Histoire, seuls les noms de personnages et de bateaux ont été modifiés afin de respecter l’anonymat de chacun. Personne n’entre dans la Marine pour devenir célèbre, on ne la choisit pas pour la gloriole, on y entre pour servir, pour pratiquer les arts de la guerre, pour vivre en équi- page ou voir du pays, pour rencontrer une certaine variété au quotidien, souvent supérieure à celle atten- due… Néanmoins, ces récits, s’ajoutant à ceux des anciens, forment une couche sédimentaire supplémen- taire d’histoire navale dans l’épopée de la Marine fran- çaise, informant mais aussi nourrissant ainsi l’imaginaire de nos compatriotes.

Avec de la chance, tout marin embarqué participe à de tels événements et à leur destinée, mais souvent brièvement. De quart de minuit à quatre heures du matin, il ignore souvent les causes de l’action en cours et sera peut- être recouché quand elle se terminera. Les conteurs ont eu la chance de la vivre intégralement : vous ne l’avez qu’une ou deux fois au cours d’une carrière ! Rendre compte ici de ces aventures exceptionnelles paraît une belle manière de rendre hommage aux marins de leurs équipages qui ont participé à l’événement.

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